Trafic illicite des biens culturels

L’OMD arme les douaniers de sa Région AOC


Trafic illicitePour lutter efficacement contre le trafic illicite des biens culturels, l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et la Direction générale des douanes (DGD), organisent du 7 au 9 mai 2018 à Ouagadougou, un atelier régional sur le rôle de la douane dans la protection du patrimoine culturel au profit des pays de la Région Afrique occidentale et centrale (AOC) de l’OMD.

Venus de 15 pays membres de la Région AOC de l’OMD, les participants à l’atelier régional conjointement organisé par l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et la Direction générale des douanes (DGD) échangeront autour du thème : « Douane, sécurité et développement : le rôle de la douane dans la protection du patrimoine culturel ». A l’ouverture des travaux, le directeur général (DG) des douanes, Adama Sawadogo, a remercié l’OMD qui accompagne constamment ses membres pour le renforcement des capacités. Pour lui, l’importance de la régulation des biens culturels est primordiale pour éviter que certains pays ne connaissent une dilapidation des objets et symboles qui représentent leur essence culturelle historique. « Dans cette régulation, la douane a un rôle essentiel du fait de sa vocation de la police des marchandises qui lui permet d’accéder au contrôle de tous les biens parmi lesquels les biens culturels », a soutenu le DG des douanes. Cela est d’autant plus important, a-t-il poursuivi, que la surveillance des mouvements de biens culturels permet d’éviter que ceux-ci ne servent à enrichir les organisations criminelles au détriment des patrimoines culturels nationaux. Le DG Adama Sawadogo a donc salué l’organisation de cet atelier qui entre dans le cadre de la Résolution du conseil de coopération douanière concernant le rôle de la douane dans la prévention du trafic illicite des biens.

Trafic illicite1Quant à Khadiatou Almaz Camara du Bureau régional de l’UNESCO à Dakar, elle a renchéri que ces trois jours de travaux visent à lutter conjointement et efficacement contre le trafic illicite de biens culturels parce qu’« Aujourd’hui, la mondialisation offre de nombreuses opportunités pour le développement mais aussi de multiples risques d’inégalités, de conflits et de détérioration du patrimoine culturel ».

Conseillère en contrôle et lutte contre la fraude à l’OMD, Mariya Polner, a pour sa part rappelé que cette première initiative qui réunit les 15 pays de l’AOC tire en partie son fondement de la destruction des mausolées de Tombouctou au Mali et le trafic des manuscrits par les groupes terroristes. A travers cet atelier, cette expert-formateur de l’OMD, espère un partage d’expériences entre la douane, la police (Interpol), le ministère de la culture, l’UNESCO … qui permettra de construire une chaine internationale d’actions dans la lutte contre ce fléau.

Trafic illicite2Pour le ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, malgré la porosité des frontières, les services des douanes travaillent sans cesse pour intercepter les objets culturels volés, qui occupent la 3e position mondiale après le trafic de la drogue et des armes. « Chaque année, et ce depuis la colonisation jusqu’au 19e siècle, des milliers d’objets disparaissent des musées, églises, collections privées ou institutions publiques. Statuettes africaines, armes anciennes ou tableaux, pièces de monnaie ou montres, objets religieux ou produits de découvertes archéologiques, des dizaines de milliers d’objets faisant partie du patrimoine archéologique et culturel mondial sont ainsi volés », a-t-il déploré. Pour Abdoul Karim Sango, la lutte contre ce trafic impose une synergie d’actions des acteurs à tous les niveaux. Il a donc souhaité que ces échanges puissent permettre de dégager des actions concrètes en vue de venir à bout de ce fléau transfrontalier.

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